Monsieur Michel Charasse signale à M. le Premier ministre les vives inquiétudes qui se manifestent actuellement au sud de la Loire en ce qui concerne les privilèges exorbitants reconnus à l'occitan que beaucoup ne connaissent ni ne parlent tandis que des langues très employées et encore très vivantes, parlées dans les régions de Nice, du Béarn, de la Gascogne, de l'Auvergne, du Limousin et de la Provence, continuent d'être ignorées par les pouvoirs publics qui tentent d'imposer par la force l'occitan qui, pour la plupart des amateurs et des connaisseurs des langues locales, est une pure création intellectuelle parfois accompagnée d'arrière-pensées politiques. Les personnes originaires des régions précitées où se parlent encore des langues bien vivantes et très appréciées, comme les langues bretonne, alsacienne, basque, catalane, picarde ou corse... ne demandent rien d'autre que d'être reconnues avec le même statut. Il lui rappelle en outre que trois langues pratiquées en France sur les huit parlées par les Croisés puis ensuite au sein de l'Ordre de Malte, sont le français, l'auvergnat et le provençal et qu'il n'y a pas d'occitan dans la liste. Il lui demande donc de bien vouloir lui faire connaître quelles mesures il compte prendre pour faire cesser l'injuste traitement discriminatoire établi entre langues locales reconnues ou non reconnues et pour mettre un terme aux pressions visant à imposer contre toute Histoire et toutes traditions populaires l'occitan inconnu à la place d'autres langues encore couramment parlées.
En attente de réponse du Premier ministre En attente d'une réponse ministérielle
Tirno
Age: 26 Inscrit le: 11 Sep 2006 Messages: 4761 Localisation: Entre Suisse et Saint-Etienne (passant par Lyon)
Posté le: Jeu Aoû 27, 2009 10:47 Sujet du message:
ou, dit autrement, l'occitan est un supra-dialecte du provencal, languedocien, gascon et auvergnat/limousin.
Au meme titre que le français est un supra-dialecte standardisé des différents dialects d'oc (particulièrement inspiré d'un dialecte particulier, mais quand meme).
Un autre façon de le dire serait que tous les locuteurs d'occitan peuvent se comprendre (après un éventuel petit temps d'adaptation).
Bel exemple de diviser pour mieux reigner.Les filles, les garçons
A tourner se hasardent,
En tournant se regardent,
On connaît ces façons
Des filles et des garçons.
La mi-été de Taveyanne -- Juste Olivier
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Mieux vaut deux courtes qu'une longue
Posté le: Jeu Aoû 27, 2009 11:04 Sujet du message:
Effectivement, la question de Charasse est des plus saugrenu, en particulier dans la forme.
Un point pertinent cependant dans sa question c'est la place des "régionalismes" et autres particularismes locales dans l'enseignement de l'occitan, car il est bien évident qu'on ne parlait -et qu'on ne parle toujours pas- le même occitan à Tarbes, qu'à Marseille, Montepellier ou Clermont-Ferrand.
Imposer une "langue unique", si celà a pour avantage de grandement favoriser l'intercompréhension et par celà "populariser" la langue, se fait au détriment d'un fort appauvrissement de celle-ci et accentue le fossé entres apprenant et "anciens".
C'est un peu ce qui c'est passé pendant un temps en Bretagne, où on a voulu imposer un breton unique "universitaire" au dépends des bretons reelles. Heureusement les choses sont en train de changer...Ich würde nur an einen Gott glauben, der zu tanzen verstündeAlso Sprach Zarathustra Nietzsche
Je ne croirais qu'en un dieu qui saurait danser
Posté le: Jeu Aoû 27, 2009 12:10 Sujet du message:
euh... je ne connais pas grand chose sur l'occitan , mais part ça , puisqu'il est parlé , il est donc une langue vivante du coup ?
Donc , ne pas reculer , mais avancer ! Reconnaitre et accepter ce qui a été fait pour l'occitan , ce qui me semble bien , et faire de meme et/ou mieux avec toutes les autres ...
L'occitan aidé par l'état ? C'est parce qu'ils se sont manifestés activement qu'ils ont obtenu ce qu'ils cherchaient , il en a été de meme avec le breton et c'est tant mieux .. alors zou , go on pour les autres !
Pour la "standardisation" , a long terme elle reste inevitable , sinon , la disparition suivra... prenez l'exemple pour le français actuel , qui est un très bon exemple de standardisation."...Je t'ai offert des fleurs sauvages, dont le parfum est mystèrieux comme des yeux de sorcier..." Léopold Sédar Senghor (Nocturnes)
Tirno
Age: 26 Inscrit le: 11 Sep 2006 Messages: 4761 Localisation: Entre Suisse et Saint-Etienne (passant par Lyon)
Posté le: Jeu Aoû 27, 2009 12:57 Sujet du message:
Le français est un exemple horrible de standardisation. C'est un standard qui a complètement effacé les dialectes (hormis certains aspects comme l'accent et certains petits bouts de vocabulaire), en soutenant que toutes les déviations ne sont "pas du français".
Meilleure exemple de standardisation: le haut allemand.
Faut arreter de croire que les standards en langue servent à quoique ce soit hormis de permettre de noter plus objectivement la forme lors d'examens. (et de se sentir supérieur quand on maitrise mieux le "standard" que les autres)Les filles, les garçons
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Posté le: Jeu Aoû 27, 2009 14:05 Sujet du message:
c'etait pas du tout ce que je voulais dire , hormis constater..
le français est une langue ultra-batarde , faite de bric et de broc , certes..
il en va de meme avec TOUTES les langues des nations européennes , du moins...
Je suis d'accord , l'académie française est une abomination ( y a qu'à voir la "latinisation" à outrance des mots du dictionnaire dont une bonne part des racines vont dans tous pleins d'horizons , bien loin du latin... )"...Je t'ai offert des fleurs sauvages, dont le parfum est mystèrieux comme des yeux de sorcier..." Léopold Sédar Senghor (Nocturnes)
Lureley
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Posté le: Jeu Aoû 27, 2009 14:42 Sujet du message:
Latinisation à outrance? Je veux bien des exemples
"la danse n'est pas une façon de montrer mais une manière d'être"
Labellisée fan n°1 des Doigts de Carmen
Posté le: Jeu Aoû 27, 2009 19:52 Sujet du message:
"Ein Volk, ein Land, eine Sprache"
Les régionalistes dénoncent cette maxime comme jacobine, nazie ou impérialiste, s'il est question du peuple français, du territoire de la République (et pas seulement l'Hexagone), et de la langue française.
Mais en même temps ils s'empressent de construire la grammaire de "Sprache" régionales, parce qu'il y a des cultures régionales à sauver, ou pour d'autres motifs. Si je ne me trompe, la Bretagne a effectivement connu cette (re)construction d'une langue unique pour tous les bons bretons (à l'ouest de...). M. Charasse appuie là où ça fait mal, mais où est la solution, tant il est vrai que la culture occitane ne peut se satisfaire d'un français coloré par un accent méridional et quelques occitanismes pittoresques ?
Favoriser contre M. Charasse le développement d'un Occitan universitaire et synthétique, imposé d'en haut aux masses ? Ou bien favoriser l'enseignement du gascon dans les écoles du Gers, au travers de pratiques chantées, d'études toponymiques, d'études de textes ? Ou bien les deux, au cas où le patrimoine serait trop riche pour se satisfaire d'un saupoudrage illustrant la diversité culturelle intra-occitane (un peu de gascon, de languedocien, de limousin, de catalan, de provençal, etc) ?
Encore faut-il que les collectivités fournissent les moyens (et en ce moment ce n'est pas à la mode). J'ai cru entendre dire que, par exemple, le taux de réussite moyen des bacheliers des écoles Diwan était inférieur à celui des autres jeunes bretons. Je ne sais pas si c'est l'enseignement de plusieurs matières en langue bretonne qui est en cause (avec quel vocabulaire ?), ou le niveau de recrutement d'enseignants locuteurs, non formés en suffisance par l'Education Nationale.
Posté le: Ven Aoû 28, 2009 11:21 Sujet du message:
Rodrigue a écrit:
J'ai cru entendre dire que, par exemple, le taux de réussite moyen des bacheliers des écoles Diwan était inférieur à celui des autres jeunes bretons.
Hum hum, c'est globalement faux : http://www.linternaute.com/ville/ville/lycee/22072/detail/lycee_diwan.shtml
l'article sur Diwan de wikipedia est assez complet je trouve et reprend en grande partie les points de cette discussionIch würde nur an einen Gott glauben, der zu tanzen verstündeAlso Sprach Zarathustra Nietzsche
Je ne croirais qu'en un dieu qui saurait danser
Posté le: Ven Aoû 28, 2009 14:08 Sujet du message:
Lucas a écrit:
euh ... aux dernières nouvelles l'Auvergnat et le Provençal sont des dialectes occitans ... non ?
oui oui ...
Il semblerait que ces idées lui aie été soufflées par
Pierre Bonnaud ex-universitaire auvergnat et fondateur
d'un courant anti-occitaniste dans les années 70 disant
que l'auvergnat est une langue "isolée" du reste des autres
dialectes occitans ....